I've got butterflies in my stomach, le blog de catherine grangier

17 septembre 2014

la femme sans fracas, suite....

ça y est, je suis de retour d'Oviedo.

Après un début un peu mouvementé, le sac contenant mes travaux à exposer s'étant perdu lors de mon escale à l'aéroport de Barcelone, tout s'est finalement arrangé, avec un peu de stress, mais enfin, ça en valait la peine! Je suis vraiment contente de l'expo... mille mercis à Federico et Pedro !

"La femme sans fracas", c'est toute une série d'assiettes récoltées par Pedro dans la fabrique abandonnée de San Claudio, à côté d'Oviedo, sur lesquelles j'ai dessiné mes "scènes de ménage", en arrivant, dans l'atelier de Federico Granell

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un mur recouvert du papier peint, imprimé de linogravures "secrets de cuisine"

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la photo Alma de casa (en hommage aux femmes maisons de Louise Bourgeois), des gravures sur gaze brodées,

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la robe de papier "la piel de mis recuerdos",

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des dessins des "fallen woman", les vidéos des "petits fracas quotidiens", des chaussures rouges, sans oublier la robe du "déjeuner sur l'herbe" qui flotte comme le fantôme d'une mère nourricière dans la galerie....

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"la femme sans fracas", c'est un aussi un petit carnet-catalogue, numéroté et signé, qui regroupe le texte de Guadalupe Esquinas, le poème de Louise Bourgeois "ode à Eugénie Grandet" - ode qui m'a suivie depuis plusieurs mois... - et des photos des travaux exposés.

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d'autres photos de l'exposition dans l'album "la femme sans fracas"...

 

 

 

 


08 septembre 2014

la femme sans fracas

l'expo pour oviedo est toute empaquetée !

il y a même quelques t-shirts !!

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et maintenant je stresse et imagine tous les scénarios-catastrophes :

que je rate l'avion, que mon sac d'oeuvres se perde dans les aéroports, que tout soit écrasé, écrabouillé, que je n'aie pas le temps de finir le montage avant le vernissage, que ce que j'ai imaginé ne fonctionne pas, que ça soit moche et raté, que..., que....et encore que......

bon, je continue d'angoisser encore quelques heures, et je vous raconte au retour...!

et en avant-première le texte de Guadalupe Esquinas pour le catalogue :

CON ZAPATOS DE TACÓN MEDIO DE COLOR CORAL.

A propósito de Catherine Grangier y su exposición “La femme sans fracas”

El mundo es íntimo y minucioso como las migajas que componen una mujer. En silencio no se escucha el estruendo de una casa que puede hacerse pedazos con solo un primer plato que se rompa con violencia. El mundo es una casa adonde una mujer mira como al interior de una caja de cartón, recubierta con papel al gusto de cuidarla para ser bonita; y el papel se extiende cuando traspasa a través de los ojos, expande sus motivos vegetales por la circulación del cabello y recorre los mecanismos del cuerpo por debajo de la piel, que se viste de costura con el mismo estampado de fondo. En el silencio se escucha la música breve, una delación de otro imaginario más allá del que supone la casa como un refugio, un escondite obligado, impuesto y supeditado a paredes cerradas donde la mujer es casa a lo femme maison de Louise Bourgeois. Esta mujer, en cambio, sujeta sus paredes pero lee en ellas el poema Ode à Eugénie Grandet y pronuncia todas sus palabras que sustentan el ser convertido en concatenación de acciones domésticas, subyugación y recato social; esta mujer come sobre los fragmentos escritos en sus platos y los friega, los rompe, los une y se replantea qué hacer con los posibles pedazos. Catherine Grangier, o esta mujer, utiliza también su menaje para ilustrar sus propias tareas y escenas domésticas que son “petits fracas quotidiens” donde el fracaso es el mismo silencio animado en una secuencia visual y sonora.

El mundo es el resquicio poderoso que permite adentrarse en su imaginario y transmitirse a la sociedad, mediante una delicadeza aguda, crítica, a veces absurda, irónica, exquisita en el uso del lenguaje y las palabras; este resquicio puede tomar la forma de un desagüe, del interior de una lavadora en funcionamiento, de gotas y otras gotas o de agujeros de succión que transforman y devuelven distintas naturalezas.

La punzada o “tweet” fugaz permanece y se instala en su juego con otra vida distinta que se le escapa, pero que agarra también con sus manos siendo siempre el “alma de casa” capaz de transformar su entorno. Y así otros telares conforman su vestuario, la envuelven en un sueño o una pesadilla tranquila tornada a sueño otra vez. El mundo es una casa y salir afuera no supone abandonar su obligación de colocar un mantel sobre la hierba, la que sostiene el peso de sus rodillas mientras quieta se sacrifica como una modelo que no luce un traje de armario que la muestre, aunque su vestido realza su torso discretamente y permite desafiar el límite del largo .

Las imposiciones se imprimen en un fondo con los utensilios cortantes, las tijeras y cuchillos de distinto grosor y distintas hojas, como las hojas de una orquídea que la pudieran etiquetar en la persecución de un ideal, al que ella no rinde culto, ella solo las diseña y dibuja vegetaciones posibles donde respirar y escenificar su hogar como su casa.

El mundo es sereno, contradictorio y recreativo de dudas y batallas, de conciliación y deseos, en un juego de ménage convocado desde el sonido tímido y firme que emiten unos zapatos, los zapatos sobre los que Catherine Grangier fabrica un imaginario único por el que asomarse a nuestra realidad cotidiana.

 

Guadalupe Esquinas

 

 

 

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06 septembre 2014

interlude parisien

je viens d'apprendre que quelques-unes de mes gravures de la série "sous les jupes des filles" sont accrochées dans un salon de thé parisien ! alors, pour ceux qui habitent Paris, si vous voulez passer, c'est "les petits plats de Marc", 6 rue de l'arbalète dans le 5eme arrondissement.

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Mes gravures sont à l'étage et au rez de chaussée il y a les peintures et pastels de Valérie Loron.

 

 

30 août 2014

femmes-maisons, suite...

femme-maison ou petits suicides domestiques....


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tous les jours elle coud des petites pierres dans la doublure de sa robe

tous les jours elle noie les questions dans l'eau sale de la vaisselle

tous les jours elle regarde ses aspirations disparaître dans le siphon du lavabo

tous les jours elle fait des soufflés dans son four, comme autant d'oreillers pour laisser reposer ses rêves

tous les jours elle avance au bord du gouffre et frôle ses précipices intérieurs

tous les jours elle se raccroche au fil de soie des toiles d'araignées qui tapissent son plafond

tous les jours elle tente d'effacer ses peurs avec des éponges grattantes

tous les jours elle s'invente des tâches ménagères pour oublier ses interrogations

tous les jours elle balaie ses rêves avec les miettes du petit déjeuner

tous les jours elle se perd dans des labyrinthes de poussière

tous les jours elle tente de coller à son image pour ne pas voir tout ce qui se décolle à l'intérieur

tous les jours elle meurt à feu doux dans sa cuisine....

 

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et après louise bourgeois, j'ai trouvé une autre muse poète pour ma prochaine exposition, patrizia cavalli :

Che m'importa del tuo naso gonfio.   Je me fiche de ton nez enflé.

Io devo pullire la casa.             Moi faut qu'je fasse le ménage.

 

Que de tentations je traverse

sur le parcours entre chambre

et cuisine, entre cuisine 

et chiottes. Une tache

sur le mur, un bout de papier

tombé par terre, un verre d'eau,

un coup d'oeil par la fenêtre,

bonjour à la voisine,

une caresse à la chatte.

Ainsi j'oublie toujours

l'idée principale, je me perds

en route, me décompose

jour après jour et il est vain

de tenter un quelconque retour.

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23 août 2014

femmes-maisons...

entre scènes de ménage et femme-maison, c'est peut-être l'histoire d'une chute, d'une femme qui dégringole, qui tombe dans le piège ouaté d'une image imposée... a fallen woman, comme la définissait la société britannique du 19e siècle :

In some cases, a woman may have been regarded as fallen simply because she was educated, eccentric, or elusive. Whatever the case may be, female fallenness as it appears in each of these renderings was the result of a woman’s deviation from social norms, in turn strongly linked to moral expectations. In the mid 19th century, for example, "For middle-class men seeking to establish a different basis for authority, from that which had been used by the nobility, moral authority became the key issue, evident in the power exercised by a man over the nuclear or bourgeois family and in his ability to regulate women's sexuality through her protection and containment in the domestic sphere." Caine, Barbara; Glenda Sluga (2000). Gendering European History. London: Continuum. p. 57

c'est l'histoire d'une oscillation entre protection et prison, entre se cacher et se montrer, entre enfermement et plaisir... 

c'est une histoire de contradictions....

 

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... et mon expo pour oviedo est pratiquement prête....!

 

 

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06 août 2014

histoires de femmes au quotidien...

à la recherche d'un titre pour l'exposition de septembre j'oscille entre le titre donné par laëtitia bischoff au texte qu'elle avait écrit à propos de mon travail "la femme sans fracas", le titre d'un roman à l'eau de rose de anita peireire "la femme en miettes", ou encore le titre que j'ai donné à ma série de petites vidéos "petits fracas quotidiens"...

en attendant d'avoir l'illumination, je continue d'imprimer le papier qui couvrira un des murs de la galerie...

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sur lequel devrait se fixer ma photo "alma de casa", hommage/clin d'oeil aux femmes-maisons de louise bourgeois

 

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29 juillet 2014

scènes de ménage, suite....

en partant des dessins réalisés pour l'exposition, j'ai également fait toute une série de petits films en stop motion...

 

 

et d'autres visibles ici

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21 juillet 2014

intermède publicitaire pour t-shirts estivaux....

et voilà quelques images des nouveaux t-shirts disponibles chez Cream à Lyon !

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il y en a pleins d'autres avec les dessins de la série "dressescape", et toujours ceux de la série "dites-le avec des fleurs" ...

et puis aussi des sacs "la main dans le sac" !

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19 juillet 2014

scènes de ménage ...

voilà quelques images d'un nouveau projet sur lequel je travaille pour une exposition qui aura mieu en septembre en espagne...

des dessins inspirés par "l'art ménager français", un livre trouvé chez ma grand-mère, des dessins de ménage qui seront reproduits sur des assiettes, des dessins qui prennent l'expression scènes de ménage au pied de la lettre mais dont le support suggère aussi le sens moins littéral....

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des dessins accompagnés par un poème de louise bourgeois "ode à eugénie grandet", dont les vers seront également écrits sur les assiettes...

I have never grown up

I am standing near the window

I have spent my life making curtains

to hide the dirty glass

I have spent my life making curtains

while watching the building across the way

I have spent my life waiting

I have spent my life washing

dishes and vegetables

I have spent my life going up and down

I have spent my life afraid of the cold

letting out waists and shortening dresses

I have spent my life

listening to the chirping of the birds

the water dripping from the ceiling

and the traffic on 20th street

I have listened to the sound

of the pigeons

The hesitations of the mice

and the bees and the flies before summer

I have spent my life

smelling the burning of the stove

and listening to the starting of the refrigerator

The telephone may be out of order

The door bell may be broken

Has the mail man come?

I have spent my life making openwork pulling threads for the bed sheets and table

clothes

I have spent my life making a trousseau

I who has never been trussed up

I give humour

not pity

I am not stupid I am only unhappy

fearful foolish a washer woman

I have spent my life washing socks

and handkerchiefs

 

 

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02 juillet 2014

Arthophilia

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demain à partir de 18h30, vernissage d'Arthophilia, l'expo de l'été à la galerie des pentes, à laquelle je participe en compagnie d'une trentaine d'autres artistes...

en avant-première, quelques images de l'installation en cours....

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