.... Ou comment  une avalanche d’expos peut être perturbée par une chute de neige…

 

Ce week-end c’était donc l’inauguration de l’exposition « Princesses en morceaux, princesses souterraines » à la Galerie Une image… à Saint-Etienne, exposition en duo avec Catherine Cayuela ; et le montage de l’exposition "Corps et âme" avec les Poupet’s, à la galerie Place à l’Art à Voiron.

J’ai donc quitté Genève le vendredi avec une expo dans mon coffre et une petite robe de vernissage… me suis arrêtée à Voiron pour déposer mes œuvres, puis ai continué jusqu’à Saint-Etienne… jusque-là tout allait presque bien, quelques flocons sur la route, beaucoup de pluie, mais rien de grave… 

Et le vernissage s’est très bien passé !

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Mais le samedi matin, Saint-Etienne était toute blanche…. Et la neige ne s’est plus arrêtée !

C’était beau, blanc, doux  et froid… 

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par contre il y a eu peu de visiteurs à la galerie …

et le dimanche matin, impossible de partir pour Voiron !

Après un peu de stress, des doutes et des angoisses, j’ai finalement abandonné ma voiture à Saint-Etienne, et suis repartie en train dans l’après-midi, mettant pratiquement 6 heures pour rentrer… 

Heureusement que j’avais déposé mes travaux à Voiron le vendredi et que les Poupet’s les ont installés pour moi ! (mille mercis à elles!)

je découvrirai donc l’exposition vendredi, jour du vernissage !

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En attendant voilà quelques images des « Princesses »...

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et nos textes de présentation :

  • Notes « princesses en morceaux princesses souterraines » catherine cayuela - travail sur le vertugadin

Vertugadin, un mot qui sonne comme un jeu, une sorte d'«abracadabra », un mot qui ne voudrait rien dire. A lui seul pourtant il ravit, évoquera les robes de princesses qui écarteront par leur largeur le moindre obstacle sur leur passage, celles qui bruissent, qui mettent en majesté, celles qui nous feront harceler notre mère pour qu'enfin elle la couse. Et quand elle aura cédé, on aura vite vérifié qu'elle tombe le long de nos jambes, forcément ... elle nous encombrera parce que trop longue et pour se faire ménine ou mieux encore infante du quartier, on se prendra les pieds dans sa longueur en la tenant les mains en l'air de chaque côté de notre taille. Mimer le vertugadin sinon point de princesse. Et puis on abandonne cette robe parce que courir avec ce n'est pas vraiment cela, Mais, en boule sur une chaise elle garde sa magie et l'on oubliera vite qu'elle ne nous sert à rien.

Les infantes de Vélasquez malgré leur disgrâce m'auraient-elles inspirée ? peut-être, mais le vertugadin s'était déjà immiscé dans ma vie, sans en connaître le nom, comme une sorte d'héritage, quelque chose que l'on ne cherche pas même à comprendre, pas plus que la souffrance qu'il a jadis infligée. Pas de chaise à bras pour les vertugadines, un petit dossier pour ne point nuire à l'architecture de la robe, une chaise aux pieds inclinés pour ne pas laisser paraître les leurs. Enfin je le suppose. A moins qu'il ne procure un immense plaisir.

Si je dois néanmoins vous confier les sources d'une inspiration tout à fait assumée, je vous dirai Oury, qui par son film « la folie des grandeurs », donne une référence cinématographique inégalée à ce costume après un long travail sur Vélasquez, par la froide beauté de la reine, et l'ingéniosité sans borne de la duègne, Mme Sapritch, qui jouera de son vertugadin de façon débridée.

Quant aux paysages, interludes au vertugadin, ils viennent en résonnance aux dressescape de Catherine Grangier, autre source d'évasion : des montagnes pour interludes - une évasion secrète et intime qui consiste à regarder l'horizon, à regarder la colline comme une promesse à atteindre .

vertugadin masculin de l'espagnol verdugo : « baguette » (spécialement celle que l'on coupe verte)

Sorte de bourrelet, de cercle que les femmes portaient jadis autour de leurs hanches pour faire bouffer la jupe.

Mais le passage était si étroit, et le vertugadin de la reine de Navarre si large, que sa robe de soie effleura l’habit du jeune homme, [...]. — (Alexandre DUMAS, La Reine Margot, 1845,vol. I, ch. V) •Là où, par exemple, on tient à mettre en valeur les caractères gynoïdes de la taille et du bassin (comme dans la littérature au tournant du XXe siècle), on va privilégier les vertugadins, les crinolines, les tournures et les corsets, lesquels vont finir par reconfigurer les corps en retour. — (Gaétan BRULOTTE, Œuvres de chair : figures du discours érotique, Presses de l’Université de Laval, 1998, p. 453) En effet, ces robes nécessitent des cerclages d’acier nommés «vertugadins», que les usines Peugeot produisent par milliers. — (Dominique PAGNEUX, Peugeot : l’aventure automobile, ETAI, 2002, p. 7) (Par extension) Robe qui était rendue bouffante par ces cercles.

C'est aussi une pente de gazon en amphithéâtre dans les jardins à la française.

Source wikipédia

  • Notes expo  “Princesses en morceaux, princesses souterraines » Catherine Grangier

Une histoire de princesses... les princesses des contes de fées qui jalonnent notre enfance, les princesses des magazines féminins, les princesses enracinées dans nos rêves, les princesses qui nous ont façonnées, celles que l’on rejette, celles qui nous colonisent, celles avec lesquelles on continue de s’identifier, inconsciemment...ou non...

Le festin nu

Dans le Festin Nu, je voulais utiliser des assiettes, partir des éléments d'un banquet pour en représenter un, l’idée de répéter le festin. Ainsi, sur chaque assiette, j'ai dessiné un fragment d'un festin peint par Botticelli en 1453 dans le triptyque "Scènes de l'histoire de Nastagio degli Onesti" (peintures elles-mêmes inspirées par une histoire du Décaméron de Boccace). Ce triptyque m'a toujours impressionnée, pour sa violence, pour ce qu'il révèle du regard sur les femmes,  ... 

J’aimais aussi l’idée d’utiliser des éléments du quotidien (les assiettes), de jouer sur une scénographie d’intérieur de salon ou de salle à manger (les assiettes en décor accrochées au mur) pour parler de la violence, mais aussi de l’érotisme, et du lien à la nourriture…

Et puis le titre, emprunté à Burroughs, souligne cet aspect fragmentaire, violent, sexuel, halluciné, le rapprochement entre douleur et plaisir…

Le rendez-vous manqué

Un lustre, un miroir sous le lustre qui le reflète, des chaussures en cendre et une phrase écrite dans la suie sur le miroir « ça fait des lustres que je t’attends »… une référence à Cendrillon, au prince charmant, aux clichés de la femme qui attend, à Pénélope et à Beckett, comme un conte de fées qui a mal tourné, quand l’amour s’est consumé et qu’il ne reste que les cendres…

Dressescape

Jeu de mots avec dress (robe) escape (échapper) et landscape (paysage) robes-paysages, robes-échappatoires, dessins et photos pour s’échapper dans le paysage ou se fondre dans le décor…

Madeleines

Jouer sur les clichés de la femme qui pleure, des torrents de larmes, des cheveux-fleuves… reprendre des peintures classiques de Madeleines pénitentes et se les réapproprier, interroger l’image de Marie-Madeleine, la putain (en opposition à la vierge) et les rôles assignés aux femmes …

Fantôme 

Portrait de mon arrière-grand-mère, Marguerite Coupain Siècle, qui vécut à Saint-Etienne, à la rue Neyron où naquit ma grand-mère… portrait entre camée et caméléon, dont le vêtement est fait de la texture du mur qui le reçoit…

Filtres d’amour

Série de dessins au crayon et café sur des filtres à café. Série qui raconte les codes utilisés au 18esiècle pour communiquer avec son éventail… philtres/filtres d’amour, fragments de discours amoureux pour princesses silencieuses…

Les mains rouges 

« Les mains rouges » (le titre est un petit clin d’œil au roman de Jens Christian Grøndahl) : des linogravures imprimées sur de grands pans de tarlatane suspendus. Des mains en hommage à Raphaël, Rodin et Louise Bourgeois... Des mains qui se tendent, se tentent, se touchent, s’éloignent ; des caresses volatiles, des rêves tactiles, des mains sur des voiles de tarlatane entre lesquelles se glisser, se cacher, inventer des effleurements... 

Heureux hasard

Une balançoire, un hommage à l’escarpolette de Fragonard, à celles de Boucher, d’Auguste Renoir, de Mona Hatoum et à Partie de campagne, la nouvelle de Maupassant et le film de Renoir… la phrase gravée sur le siège est la dernière phrase de la nouvelle et du film, les cheveux, comme dans les Madeleines, associés à l’eau, à la sensualité, mais aussi symbole du lien qui nous relie au ciel, comme la balançoire…

 

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