femmes-maisons, suite...
femme-maison ou petits suicides domestiques....
tous les jours elle coud des petites pierres dans la doublure de sa robe
tous les jours elle noie les questions dans l'eau sale de la vaisselle
tous les jours elle regarde ses aspirations disparaître dans le siphon du lavabo
tous les jours elle fait des soufflés dans son four, comme autant d'oreillers pour laisser reposer ses rêves
tous les jours elle avance au bord du gouffre et frôle ses précipices intérieurs
tous les jours elle se raccroche au fil de soie des toiles d'araignées qui tapissent son plafond
tous les jours elle tente d'effacer ses peurs avec des éponges grattantes
tous les jours elle s'invente des tâches ménagères pour oublier ses interrogations
tous les jours elle balaie ses rêves avec les miettes du petit déjeuner
tous les jours elle se perd dans des labyrinthes de poussière
tous les jours elle tente de coller à son image pour ne pas voir tout ce qui se décolle à l'intérieur
tous les jours elle meurt à feu doux dans sa cuisine....
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et après louise bourgeois, j'ai trouvé une autre muse poète pour ma prochaine exposition, patrizia cavalli :
Che m'importa del tuo naso gonfio. Je me fiche de ton nez enflé.
Io devo pullire la casa. Moi faut qu'je fasse le ménage.
Que de tentations je traverse
sur le parcours entre chambre
et cuisine, entre cuisine
et chiottes. Une tache
sur le mur, un bout de papier
tombé par terre, un verre d'eau,
un coup d'oeil par la fenêtre,
bonjour à la voisine,
une caresse à la chatte.
Ainsi j'oublie toujours
l'idée principale, je me perds
en route, me décompose
jour après jour et il est vain
de tenter un quelconque retour.

