expos d'autommne
Le 1er Octobre sera une journée de vernissage...
L'exposition "Effleurements" sur laquelle je travaille depuis plusieurs mois déjà avec Mireille Excoffier pour la galerie Séries Rares à Carouge est presque prête, et je suis impatiente de terminer les dernières finitions, pour pouvoir installer...
en attendant, voilà déjà le carton!
le 1er octobre, c'est aussi le vernissage de l'exposition collective "13 à l'aise" à la Théorie des Espaces Courbes
Au tout début, il y a l’homophonie 13 à l’aise/ 13 alèses
C’est à cause de cette première constatation que j’ai choisi de travailler avec treize alèses.
Et puis sont venues s’ajouter des strates d’histoires, de significations…
D’abord liées à l’alèse – parce que l’alèse se met dans un lit – donc au lit, au sommeil, aux rêves, aux désirs, et puis parce que le lit peut aussi être un lieu où l’on se sent « à l’aise » ; ensuite à l’alèse pour son côté utilitaire, pour son lien avec les humeurs corporelles, avec la vieillesse et l’incontinence, incontinence qui a réveillé l’écho d’un continent et d’une géographie corporelle…
Ainsi est née l’image de ce corps endormi, abandonné, inspiré d’une peinture de pierre Brunclair, « un rêve », aperçue au musée d’Angers.
Imaginer la trace d’un corps, l’empreinte imprimée sur les draps, un corps, comme le fantôme, la copie brodée du corps endormi dans le lit…
Puis ces alèses brodées, épinglées dans mon atelier, m’ont fait penser aux tapisseries, et à la série des six tapisseries emblématiques de la dame à la licorne, ainsi a surgi la frise brodée du texte « à mon seul désir » qui figure dans une des tapisseries et qui soudain m’est apparue comme le lien idéal entre le lit et la tapisserie, un renvoi au lit comme lieu du rêve et du fantasme, ce ruban brodé pouvant également suggérer la vieillesse et le marquage des vêtements dans les maisons de retraite
C’est aussi en lien avec la dame à la licorne et l’appellation de tapisserie mille-fleurs que j’ai choisi de parsemer les alèses de fleurs séchées.
Ces fleurs, par leurs couleurs passées évoquent à la fois les taches sur les alèses, ainsi que le temps qui passe. Elles parlent à la fois de jardin, de lieu de bien-être, fleuri, mais aussi de la vieillesse quand le lit n’est plus le lieu où s’épanouissent les passions mais l’endroit où se fane le corps, où s’échappent les fluides… et elles peuvent aussi symboliser les taches de sang liées à la perte de la virginité, à la « défloration ».
J’aime cette tension entre vieillesse et jeunesse, entre désir et incontinence, cette oscillation autour du lit où l’on peut être « très à l’aise » ou pas …



